Savoir à qui on parle…

 

J'avais préparé un vieux billet de hater comme je sais parfois bien les faire, mais j'ai tout effacé. C'est ballot, parce que j'avais tout écrit depuis mon téléphone, et qu'écrire un billet via le téléphone c'est pas facile et long. J'aurais du prendre la décision de dormir à la place. Bref.

Un billet de hater parce que quand une maman de jumeaux qui ne me connait pas et qui me répond, dans un souffle de plainte agaçant "tu ne peux pas comprendre", ça me fait devenir verte avec des points rouges. Ne demande pas de photos, tu n'as pas envie de voir ça.

Enrôlée à l'insu de mon plein gré dans la discussion, face à une maman certes fatiguée, certes perdue – je l'ai été cette maman – à qui je conseille de prendre du temps pour elle et d'arrêter de vouloir tout faire parfaitement, être regardée par 3 autres mamans comme si j'étais en train de lui expliquer comment enlever les yeux de ses jumeaux pour les faire revenir dans un peu d'huile d'olive. Finir, comme il se doit dans ce genre de conversations, sur une note personnelle "je pense que c'est plus facile d'avoir des jumeaux que des enfants très rapprochés". Et entendre "Non mais tu peux pas comprendre" avant une nouvelle série de plaintes dégoulinantes (et de compassion exacerbée, compassion hein, pas de propositions genre "je te les garde une heure", faut pas pousser le copinage).

"Tu ne peux pas comprendre". Bien si justement, et tu ne le sais pas. Ta petite phrase pour justifier des plaintes quotidiennes que j'entends alors même que tu ne discutes pas avec moi est bien rodée, et admise par tous, du moins par ceux qui estiment que non, ils ne peuvent pas comprendre. Ils n'ont pas eu de jumeaux.

Soudain, un éclair de génie dans cette boue d'empathie simulée "Mais vous avez des jumeaux aussi non ?". Blanc. Silence. L'heure de partir. "Oui". Partir comme au théâtre, sur une bonne chute.

Je ne me suis jamais plainte (je crois), j'étais plutôt du genre résignée. Aujourd'hui encore d'ailleurs. Alors oui, on réagit tous différemment, et je veux bien croire que je l'ai peut-être vécu plus facilement. Je suis persuadée que n'importe qui avec un peu de jugeotte peut comprendre (le nombre d'ovules produits n'est pas proportionnel au nombre de neurones), et que se complaire là dedans, cach(é)e derrière une petite phrase que la plupart des gens n'osent pas réfuter faute de faits d'armes similaires, c'est moche.

(Pardon, je n'aime pas les gens qui se plaignent sans arrêt sans chercher à aller mieux en fait)(mais on peut se plaindre quand même un peu des fois)

(et en plus j'ai pas trouvé de jolie image à vous mettre… enfin si mais en anglais. Ca vous dérange tant que ça l'anglais ?)

 

9 commentaires

  1. Tu vois, j’ai l’impression d’en avoir vraiment bavé avec mes enfants rapprochés et pourtant, je ne me plaignais jamais, vraiment jamais … Alors tu ne peux pas imaginer à quel point ça m’agaçait quand ma belle-soeur se plaignait alors qu’elle n’avait qu’un seul enfant et sa mère qui venait l’aider dès qu’elle était malade …
    Maintenant, du coup, parfois, je me force à me plaindre, parce que sinon les gens ont tendance à croire que c’est tout rose pour moi … mais vraiment je n’aime pas ça.

    1. Ah ah la famille ;) un peu pareil ici. Je pense pas me plaindre par contre j’exprime mon ras le bol ou mon besoin de faire autre chose. Et j’ai souvent une oreille attentive.

  2. Exprimer une souffrance, dire que cela ne va pas, ce n’est pas forcément juste “se plaindre”. Chacun s’exprime comme il peut, ce n’est pas toujours facile dans notre société actuelle… J’ai toujours été assez dure en fait face au gens qui n’allaient pas bien, l’empathie n’est clairement pas une qualité chez moi, mais maintenant j’essaye de me mettre à la place de l’autre pour comprendre pourquoi il reste bloqué dans un schéma qui ne convient pas / plus. Et même si des fois je ne peux rien faire, ça m’évite surtout de me prendre la tête je crois ;-)

    1. Je suis tout à fait d’accord, l’expression de la souffrance est importante. Je suis, du moins j’étais le contraire de toi, trop d’empathie, à en devenir dépressive pour les autres. Ça ne fait pas longtemps que j’ai dressé un mur fin pour me protéger.

      Mais cette nana là, depuis sa grossesse, tu ne l’entends que se plaindre. Sans même discuter avec elle. Et tous sont entrés dans son jeu, à ne faire que la plaindre. Et voilà que tu oses dire un truc, tu te fais remballer. Je l’ai peut être mal pris, on a tous notre ego et le mien joue peut être dans ma réaction. Mais j’ai refusé en gros d’entrer la dedans.

  3. moi aussi avec les kidswhatelse plutôt rapprochés, j’en ai bavé, mais j’ai toujours vu la vie en rose, positivé, sourit des galères, trouvé le bon dans le pire… je ne supporte pas ces nanas qui se complaisent dans leur situation, qui cherche à attirer l’empathie, qui ne veulent qu’une chose finalement c’est qu’on les plaigne parce qu’elles adorent être vues comme des nanas hors du commun, tu comprends avoir des jumeaux ça n’arrive qu’à elles, quoi!!!

    1. Voilà c’est exactement mon ressenti. Merciiii. Même si je n’ai pas toujours vu tout rose, se complaire la dedans c’était pas possible.

  4. Je dis souvent que la vie c’est pas un concours de malheur. Parce que j’entend souvent l’inverse de toi : “oh la faut pas que je me plaigne par rapport a toi qui a 4 enfants dont 2 jumeaux, ma pauvre…” Beaucoup se sente gêné de se plaindre vis a vis de moi….qui me plaint peu !!!
    Un peu comme Missbrownie, pendant la grossesse gémellaire et depuis la naissance des loulous, j’essaye de garder le sourire, de positiver, de ne pas ennuyer les autres avec mes soucis. Mais j’ai appris que mes souffrances et mes pbs avaient une certaine légitimité alors auj je m’autorise un peu plus a me “plaindre”. Parce que mine de rien c’est pas toujours simple :-)

  5. Tout à fait d’accord. Je suis aussi de l’avis de dire que des enfants rapprochés c’est pas facile car l’avantage quand même de nos jumeaux c’est qu’ils en étaient au même stade au même moment.
    Je me plaignais tellement rarement quand ils étaient petits du coup beaucoup s’étonnent que je n’en veuille pas un 4ème ( j’ai un plus grand de 9 ans devant ).
    Donc on peut ne pas se plaindre et en baver un peu quand même, quand à en refaire faut pas abuser non plus lol
    Là ils ont 4 ans et je respire ça c’est clair ;)

  6. Je suis maman de 2 enfants (actuellement 3 ans et 15 mois), et enceinte de jumelles (7ème mois). Je n’ai pas trouvé difficile les enfants rapprochés (mais je n’ai pas encore accouché). J’avoue avoir quelques appréhensions sur l’arrivée des petites, sur la difficulté d’accompagner les apprentissages (marche surtout) de deux enfants du même âge…
    Quand les gens me croisent dans la rue avec mes deux enfants et mon gros bidon et qu’ils me disent “oh! un numéro 3?” et que je réponds “hé bien plutôt un 3 et 4”, je vois tout de suite une expression d’horreur sur leur visage, surtout quand ils voient le plus petit dans sa poussette… “bon courage disent-ils”…

    Ben… mon mari et moi, on est plutôt sereins en fait. Les deux premiers sont vraiment adorables, on rigole de plus en plus tous les 4 à table, et l’arrivée des jumelles nous emballe tous. Les autres, en général, ils ne voient que le tout blanc, ou que le tout noir, alors que cette vie, je vous l’assure, sera surtout de toutes les couleurs!
    Je n’écoute plus les gens qui se plaignent, et j’en ai dans ma famille proche. Je préfère les laisser se morfondre car si on les écoute, ils ne sont responsables de rien mais supportent tous les malheurs du monde. Tant pis pour eux s’ils passent à côté des couleurs en broyant du noir! Ca ne me concerne plus!

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