Réconciliation.

Depuis quelques jours, je me suis réconciliée. Avec moi. Avec mes enfants.

 

SI vous avez suivi mes billets, depuis un an, la vie de maman-à-la-maison-qui-travaille me pesait beaucoup. Je rêvais de liberté, de gosses à la garderie/à l'école/ailleurs souvent, pour ne pas dire tout le temps. Je perdais patience plus que rapidement, "Non" était le mot que je prononçais le plus souvent dans ma journée, distanciant de peu "arrête" ou "pas maintenant".

 

Je n'aimais pas beaucoup la maman que j'étais devenue, criant beaucoup, corrigeant parfois, sans pour autant je pense pouvoir parler de burn-out, même si sûrement, j'en étais pas loin. Je supportais mes enfants, ne profitant même plus depuis longtemps de ces moments censés être précieux.

 

J'avais misé beaucoup sur cette grande rentrée. Celle où l'école allait prendre en charge les 3. Les jumeaux n'allaient plus être à la maison avec moi tout le temps. J'allais pouvoir écrire un billet pour le blog d'une traite, mener un projet pour le boulot sur toute une journée, au lieu que ça me prenne 3 jours à force de coupures, de cris, de disputes.

 

Ne plus faire à manger l'estomac au bord des lèvres parce que je n'ai pas faim. Allez aux toilettes seule sans avoir à expliquer pourquoi j'ai pas de zizi à Tisam.

 

Ne plus soigner des griffures 4 fois dans la matinée parce que finalement, je n'étais pas vraiment là pour eux et qu'ils se disputaient beaucoup. Et qu'au bout de quelques mois, j'intervenais en prenant mon temps.

 

J'avais misé beaucoup, et je m'attendais à devoir prendre le temps de réapprendre à vivre autrement qu'en les supportant. Je n'avais pas d'objectif, combien faut-il de temps pour réapprendre à aimer être avec ses enfants? Je m'étais dit "on verra". J'avais les outils : l'école oui, mais aussi et surtout la cantine qui me permet de les laisser la journée à l'école.

 

Je suis maman, alors bien sûr, la culpabilité s'est invitée : une journée entière, c'est long pour ces petits. Mais je l'ai fait taire. J'en avais besoin. Ils en avaient besoin. Finalement c'était aussi pour eux.

 

J'avais donc décidé de prendre le temps et le nombre de jours de cantine qu'il fallait. Il en a suffit d'un.

 

Vendredi dernier. Alors même qu'on était dans la 1ère semaine d'école, que les matins étaient difficiles pour eux, j'ai décidé qu'il était temps. Je devais voir ce que ça me faisait. Comment eux réagissaient à ça. Comment nous allions nous retrouver.

 

La journée a été super, je ne vous le cache pas. J'ai écouté le silence en savourant un café. J'ai ensuite allumé la radio, et je me suis mise au travail. Faisant une pause téléphone de temps en temps. C'est à 14H30 que tout s'est compliqué. J'avais envie d'aller les chercher. Envie de savoir comment s'était passée leur journée, qu'ils me racontent ce qu'ils avaient fait. Je suis partie tôt de la maison et j'ai attendu 20 minutes, cachée près de l'école, les observant pendant leur petite récréation d'avant l'heure des mamans.

 

Avec la petite comptine qui va bien dans la tête…

 

 

Ce sentiment là, c'est celui que j'attendais. Avoir envie de les voir, qu'ils me parlent, qu'ils me racontent. Savoir qu'ils savent et arrivent à évoluer loin de moi. Tenter d'écouter toutes leurs histoires passionnantes même si les 3 les racontent en même temps. Avoir envie de prendre ce temps là avec eux…

 

J'ai été surprise que ce soit si rapide. A croire que tout cela n'était finalement pas enfoui trop profondément. C'est encore fragile, on y travaillera!

 

(bon je te passe le paragraphe où après c'est le week-end et que finalement le dimanche soir, t'as autant envie de les vendre qu'avant)

 

Alors voila, la cantine, ça ne sera pas tous les jours, mais je pense qu'ils iront régulièrement. Pour qu'ils retrouvent une maman attentive en rentrant, une maman qui a envie de les retrouver, parce qu'elle a réussi à faire plein de choses pendant la journée juste pour être avec eux le soir!

18 commentaires

  1. Un beau billet dans lequel je me retrouve. Après des vacances épuisantes, la rentrée (et la reprise du boulot, c’est un comble) m’a permis de souffler et d’être tout à eux le soir … Contente pour toi, en tout cas!

  2. Qu est ce que j aimerais que ma fille me raconte ses journées à l école! Mais c est vrai que c est super d aller les chercher, surtout ressentir ce besoin de voir son enfant

    1. ca va venir! Ils racontent arce que leur grande soeur raconte, mais elle, la première année…. qu’est ce que tu as fait? “Rien”. Bon….

    1. oh nooooooon…. elle en fait souvent non (je crois?). Oui, on va attendre un peu que maman récupère pour les petits malades (meme si on a déjà le rhume chez nous…)

  3. C’est tellement paradoxal parfois le rôle de Maman… Attendre impatiemment la fin de la semaine pour passer du temps ensemble, avoir envie d’en profiter…Puis dès le samedi matin attendre impatiemment le lundi de les voir repartir à leur routine pour récupérer de notre énergie!! :lol:

  4. Comme je comprends ce sentiment de ras le bol!
    J’ai une patience très limitée avec mes filles. Des fois, il suffit de quelques minutes de cris et de bêtises pour que j’ai envie de fuir en courant (et pourtant, objectivement, elles sont du genre cool…)

    Ca me fait un peu culpabiliser quand j’y pense. Pis, bah, j’aime bien être loin d’elles, c’est comme ça (enfin, loin tout est relatif, elles à la HG et le collège, c’est pas si loin). Ca me permet de savourer les moments avec elles.

    Donc je comprends ton sentiment et aussi la petite pointe de culpabilité. Tu as raison de la faire taire, ils ne sont pas malheureux, loin de là et c’est essentiel pour eux aussi d’e commencer à avoir une vie “rien qu’à eux”. :-)

  5. un de tes plus beaux (émouvant) billet juju. Tu définis parfaitement ce que toutes les mères ressentent. Finalement on sera toujours partagée entre passer du temps avec nos enfants et en prendre pour nous et aussi pour notre carrière professionnelle.
    chez moi la remprise à 39h se fait dans la mélancolie des mercredis passés avec eux… et en même temps il y a pas si longtemps je m’entendais encore dire “vivement que je bosse”…
    bisous et ENJOY!!

    1. Je crois que mon dilemme n’est pas (pour l’instant) le temps avec les enfants VS le temps pour moi ou le boulot, mais bien le temps avec les enfants VS le temps sans eux :)

      A bientôt m’dame :)

  6. Wahouuu

    J’aimerai pouvoir écrire un post comme le tien dans un an.
    Je suis en congès parental et tout ce que tu as écrit je le vis ; cette impression de parfois ne plus les supporter, de trop crier, de ne plus “exister”.
    J’ai hâte de reprendre le boulot et en même temps une petite voix me dit ” tu vas les laisser”…
    Dur dur d’être une maman mais pas que…

  7. C’est chouette que tu es pu avoir du temps pour toi. Moi quand je sens que cela commence à me gonfler de manière déraisonnable, je les laisse une heure au papa, ej souffle et ensuite mon humeur est bien meilleure ;-)
    des bises

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