Ce qui peut t’arriver quand tu es maman #2

Le premier épisode parlait des nuits pourries. En voici un sur la sortie des classes. Parce que des fois, la sortie des classes c'est pourri aussi.

 

Jour de cantine. L'un des jours que j'aime par dessus tout depuis pas encore 3 semaines. Je l'aime parce que mes journées sont bien remplies, mais pas de couches sales (enfin j'exagère, Tisam est propre… enfin à l'école). Je l'aime aussi parce que je suis contente de les retrouver le soir, mes gnômes mégachiants redeviennent mes petits bébés d'amour pendant quelques heures (pas plus, faut pas pousser).

 

Mais ce jour là, ils ont décidé de se venger.

 

16h, je récupère Tisam dans sa classe, tout content que je vienne le chercher (il a peur que je ne vienne pas). J'arrive devant la classe de Magow, qui me toise, sort de sa classe sans un mot et trace tout droit vers la sortie. Bon.

 

On récupère la grande dans une 3ème classe (oui, j'ai des parts chez presque chacune des instits), et je reste à discuter 5 minutes avec l'Atsem, rapport à Magow qui n'aurait pas mangé à la cantine. Je ne suis pas inquiète, je veux juste savoir. Pendant ce temps, comme à leur habitude depuis 2 ans, les 3 vont jouer dans la cour.

 

Magow revient vers moi. Madame Ma Fille aussi. Tisam est sur le train.

 

Je sors de l'école, Tisam n'est plus sur le train. Et il n'est pas dans la cour. Et il n'est pas entré dans l'école. ok.

 

Je fais le tour, alerte une maman copine qui avance un peu pour voir, l'Atsem fait le tour de l'école, au cas où.

 

Moi, je garde mon calme. Il doit pas être loin.

 

10 (très longues) minutes plus tard, TiSam retrouvé par une autre maman copine, à mi chemin de la maison, en larme "Maman m'a perdu". Câlins, bisous, toussa. Ne me voyant plus dans la cour, et au lieu de revenir vers moi comme d'habitude DEPUIS 2 ANS (merde), il a cru que j'étais partie et du coup rentrait à la maison.

 

Et donc là, j'apprends qu'il existe un jeu de société du Petit Poucet. Toi aussi, apprends à tes enfants comment semer des choses pour pouvoir les retrouver facilement, ou partir de l'autre côté…

 

Pendant ce temps, Magow ne me parlait pas plus. Refusait de me donner la main.

 

On arrive à la maison, le coeur assez léger après le coup de stress, je prépare le goûter. Madame Ma Fille se met à pleurer, en mode crise d'angoisse (alors que le chemin du retour s'est bien passé, à courir avec les copines). On a failli perdre Tisam. "Et de toutes façons, si on l'a perdu c'est parce que tu nous aimes pas."

 

Ah.

 

Magow ne lève même pas les yeux sur moi. Si je lui parle, elle s'en va.

 

Ah.

 

Tisam… non, lui ça va.

 

Je ne l'avais pas vue venir, celle-là quand même. La crise d'angoisse post-perte-de-son-frère-retrouvé, la colère de Magow contre moi parce que j'ai osé la mettre à la cantine alors que ce matin elle m'avait dit "non" (bon elle veut aussi un poney et des poules, alors bon… je peux pas les écouter tout le temps quand même), Tisam qui sort de l'école alors qu'on a un parcours bien réglé depuis plus de 2 ans.

 

Il y a eu du sable dans les rouages, une couille dans le potage, un cheveu dans le bourguignon. Et je ne sais pas QUAND ça a merdé précisément.

 

C'est des fois bien difficile d'ailleurs, en situation de crise, de déterminer le point de départ de l'histoire…

4 commentaires

  1. oh pétard ! ça c’est de la sortie de classe en trombe !!
    moi aussi j’ai horreur de ce moment, où la maîtresse ouvre la porte de la classe, et me jette à la gorge 3 Cacahuètes dépenaillées-décoiffées-la morve au nez-les lunettes sales- et l’humeur maussade !! 1ère année sans sieste, j’peux te dire qu’à 16h30 ça se sent !
    mais je reconnais que j’ai un gros avantage : une seule maîtresse, un seul discours, une seule sortie à gérer !

    1. je voulais vraiment les séparer, les jumeaux. L’idée étant qu’ils aient chacun leur maîtresse, leurs copains, leurs projets. Ils aiment avoir chacun leur petit monde. Mais du coup c’est sûr qu’au moment de les déposer, ou de les reprendre, c’est la misère…

  2. Eh beh…
    Chez moi, le contre-coup de l’avoir “abandonné” à l’école, c’est qu’à chaque fois que j’entre quelque part avec lui, il se met à pleurer :
    “je veux pas que tu me laisses là… bouhwaaa, qui c’est qui vient me chercher après… re-bouhwaaa”
    En même temps, j’avais pas prévu de te faire passer l’après-midi à la boulangerie, hein !

    Résultat, les vieilles du quartier pensent que je du l’oublier sur l’aire d’autoroute cet été et c’est pour ça qu’il est traumatisé.

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