En écoutant chanter la princesse…

C'est le titre d'un poème de Victor Hugo que Madame Ma Fille apprend à l'école.

 

Ils sont en plein dans les chevaliers, les princesses, les châteaux. Ce qui plait aux enfants de cet âge ces derniers temps. La maîtresse décline le Moyen-Age en séance de lecture, d'écriture, de contes. Y'a de quoi faire vous allez me dire, et vous aurez raison.

 

Alors ce poème, de Victor Hugo donc, semble avoir toute sa place au milieu de tout cela. Une princesse, qui chante. Peut être même qu'elle a de longs cheveux blonds et qu'elle s'appelle Raiponce, qui sait. Mais non. Je le trouve pas très approprié à l'âge des enfants, et ce que je regrette surtout, c'est qu'ils ne comprennent pas ce qu'ils récitent.

 

Si ce poème est super beau, je doute que Madame Ma Fille y comprenne grand chose. Jugez :

 

Dans ta haute demeure
Dont l'air est étouffant,
De l'accent dont on pleure
Tu chantes, douce enfant.

Tu chantes, jeune fille.
Ton père, c'est le roi.
Autour de toi tout brille,
Mais tout soupire en toi.

Tu n'es qu'altesse encore,
Tu seras majesté,
Bien qu'un reflet d'aurore
Sur ton front soit resté,

Autour de toi se creuse
L'éclatant sort des rois.
Tu serais plus heureuse
Fauvette dans les bois.

 

En fait ne cherchez pas, vous n'allez rien comprendre vous non plus, le poème n'est pas entier, la maîtresse a coupé et nous a épargné les trucs qui te donnent envie de te suicider à 5 ans. Le voici entier :

 

Dans ta haute demeure
Dont l'air est étouffant,
De l'accent dont on pleure
Tu chantes, douce enfant.

Tu chantes, jeune fille.
Ton père, c'est le roi.
Autour de toi tout brille,
Mais tout soupire en toi.

Pense, mais sans rien dire ;
Aimer t'est défendu ;
Doux être, ton sourire
En naissant s'est perdu.

Tu te sens épousée
Par une main qui sort
Inconnue et glacée
De cette ombre, le sort.

Ton coeur, triste et sans ailes,
Est dans ce gouffre noir
A des profondeurs telles
Que tu ne peux l'avoir.

Tu n'es qu'altesse encore,
Tu seras majesté,
Bien qu'un reflet d'aurore
Sur ton front soit resté,

Enfant chère aux armées,
Déjà nous te voyons
Dans toutes les fumées
Et dans tous les rayons.

Ton parrain est le pape ;
Vierge, il t'a dit : Ave !
Quand tu passes, on frappe
Des piques le pavé.

Comme Dieu l'on t'encense ;
Toi-même as le frisson
De la toute-puissance
Mêlée à ta chanson.

De vieux légionnaires
Te gardent, fiers, soumis ;
Et l'on voit des tonnerres
A ta porte endormis.

Autour de toi se creuse
L'éclatant sort des rois.
Tu serais plus heureuse
Fauvette dans les bois.

 

Oui. C'est pas très rigolo. Mais je peux dire fièrement que ma fille récite du Victor Hugo. Faudrait que je lui apprenne le tableau des trucs chimiques là…

 

Et puis elle chante du Brassens. Rien que ça. La maîtresse a intégré "le petit jour de fluteau" dans les chansons que tu-dois-connaître-à-5-ans-sinon-t'as-raté-ta-vie et là aussi, je suis plutôt fière. Ma fille de 5 ans fredonne du Brassens. Et puis là, au moins elle comprend.

 

11 commentaires

  1. Bon ce n’est pas pour te faire peur mais julien à 9 ans et les poésies qu’il doit apprendre ne sont pas mieux. La plupart sont en vieux français (langue que même toi tu ne comprends pas). Que du bonheur!!!!

    1. disons que des poesies à base de papillons et de fleurs, why not… la princesse seule au monde qui a son destin tout tracé, c’est autre chose!

      1. Non mais à la maternelle, on dessine, on découpe et on chantonne l’alphabet. C’est après que l’école ça devient chiant.

  2. l’enseignante serait-elle déçue d’être en maternelle plutôt qu’en primaire ????

    Parce que bon Victor Hugo quand même elle a le temps ta puce 8-O !!!

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