L’amour fraternel

Il me semble bien que ce n’est pas quelque chose d’inné. Nos parents font des bêtises un soir, et hop, vla pas qu’ils nous collent un truc qui braille et qui sent le caca dans les bras en disant : “c’est ton frère / ta soeur, tu l’aimes“. Point à la ligne.

 

(vous avez vu, j’obéis, je vais à la ligne) (toujours écouter ses parents)

 

Madame ma Fille a eu double dose. On en a fait deux d’un coup. Deux fois plus de pleurs, de caca, deux fois moins de patience (au moins) de maman et papa. Nous passons une étape difficile ces derniers temps. Non pas qu’elle soit méchante avec les bébés, non, mais disons qu’elle nous fait ressentir un peu son mal-être, sa difficulté à trouver sa place, du moins à prendre la place qu’elle voudrait avoir au sein de cette nouvelle fratrie, et de la famille. Nous faisons ce que nous pouvons, mais ça coince, je l’avoue. Cela va surement aller en s’améliorant, c’est sûr. Mais en attendant…

 

Depuis le départ, elle est prévenant avec les bébés. Trop certaines fois même, quand elle se substitue un peu à moi, en décidant que c’est l’heure de se réveiller/de boire le bibi/ d’aller se coucher à des heures impromptues. Rien ne se passait mal en tous cas entre eux. Ils n’ont pas encore eu l’envie de piquer son doudou ou de vomir sur son lit.

 

J’étais en train de laver les bibis, ranger un peu la cuisine. Mini Puce sur le canapé, coincée avec des coussins, qui chouinait un peu, l’heure du goûter arrivant doucement. Le chouinement s’intensifie en pleurs, rien d’exceptionnel pour elle en fait, qui voudrait passer la journée dans nos bras à traverser l’appart. Rien d’alarmant, je me dépêche juste un peu plus. Jusqu’à ce que ses pleurs soient étouffés. J’ai tout lâché bien entendu dans l’évier, pensant qu’un des coussins avaient migré sur sa tête, comme elle bouge beaucoup et agrippe maintenant avec toutes ses petites forces ce qui lui passe près des mains. Quand j’arrive au salon, je vois Madame Ma Fille allongée sur Mini-Puce, le torse sur sa tête, appuyant assez fort.

 

Je saisis la grande par les bras et l’envoie valdinguer à l’autre bout du canapé, littéralement, et m’empresse de vérifier que tout va bien chez Mini-Puce. Dès que je la soulève et la prends dans mes bras, elle arrête de pleurer et se met à rire. Ok, tout va bien je vois…. Mais je ne sais pas quoi faire de la grande. Que lui dire? A part que c’est mal? Je ne sais même pas s’il s’agissait d’un câlin un peu trop…. serré, ou si effectivement, les pleurs de la petite soeur, ou même sa présence la gênait.

 

Quand on lui a demandé si elle faisait un calin (après que la tempête soit passée, j’étais paniquée), elle répond que non. Si c’était pour lui faire du mal, elle répond que oui… Pareil, que lui dire? Si on demande pourquoi, on obtient un “parce que“, sachant que de toutes façons c’est la seule réponse qu’on obtient d’un pourquoi en ce moment.

 

Pendant le reste de la journée (et pour quelques temps)  j’ai observé son comportement avec les petits. Rien. A part des gestes d’affection, certes des fois maladroits, mais des gestes de petite fille de 2 ans et demi avec des bébés de 6 mois. Simple écart, simple essai? Peut être. Mais toute la confiance que j’avais à laisser les petits avec elle quelques minutes s’est envolée. Peut-être en avais-je trop d’ailleurs?

 

Des expériences du genre à raconter? Des pistes à explorer pour essayer de la faire parler un peu?

5 commentaires

  1. Je me souviens que TiBiscuit me demandait parfois de mettre Chupa dans son lit, histoire d’être tranquille…
    TiBiscuit a eu beaucoup de mal à accepter sa soeur, pourtant maintenant, ils s’adorent et jouent beaucoup ensemble! Enfin TiBiscuit aime aussi embêter Chupa, ça le fait rire évidemment.

    Par contre, je ne les laissais jamais seul tous les 2 dans la même pièce ou alors très peu de temps car TiBiscuit voulait parfois piquer la place de Chupa dans le transat ou voulait toucher ses yeux, lui donner des jouets … Il était brusque mais il avait 18 mois…

    Le fils de ma soeur fait beaucoup de calins un peu trop appuyé à sa soeur de 4 mois … Et il a l’âge de Lou-Ann.

  2. pour la faire parler, j’avais lu et je l’ai vérifié avec Léa qu’il ne fallait pas leur poser des question avec pourquoi parce que souvent ils ne savent pas y répondre eux mêmes…
    Mais essayer avec “Qu’est-ce que…”
    Là j’ai pas d’idée à te proposer mais c’est peut être une piste…
    Essaye de lui expliquer que tu l’aimes très fort même s’il y a le petit frère et la petite soeur…
    Après elle est petite encore, et a du mal à gérer ses émotions, elle était peut être fatiguée d’entendre sa soeur chouiner, ou je ne sais quoi d’autre et elle a pas controlé son geste?
    Gros bisous!!

  3. Nous c’était un peu différent : la journée, le plus grand (de 21 mois…) était adorable avec sa petite soeur : plein de sourires, voulant lui faire des câlins (mais 10 secondes mon
    tre en main), montrant bien à tous les autres enfants du parc que c’était SA petite soeur. En revanche il s’est mis aux réveils noctures : 2 à 3 réveils la nuit, la loose…
    On a commencé à lui proposer d’en parler, le soir avant le coucher. En lui disant que les petites soeurs, c’est plein d’amour mais que c’est aussi bien embêtant, que pour le moment c’est pas marrant car elle ne sait rien faire à part pleurer ou faire des sourires… On a eu moins de réveils.
    Et ça c’est carrément amélioré quand on nous a offert un EXCELLENT cadeau de naissance (ouf, pas un doudou) : le livre (pour enfants) de Catherine Dolto “frères et soeurs”. Ca explique très simplement toutes les émotions qu’on peut ressentir (jalousie, envie de redevenir bébé, aimer et détester en même temps…), avec des mots d’enfants. Ca a été ma solution miracle !

    Et sinon, dans mon comportement avec les enfants, j’essaie d’être “équitable” : si le grand pique le jeu de la petite, je lui montre que je l’ai remarqué. Si les 2 sont installés l’un à côté de l’autre et que la petite va sur le territoire de son frère et qu’il ne veut pas, je le dis à la petite. Je sais bien que la dernière n’a que 5 mois et qu’elle ne comprend pas tout, mais je crois qu’il est important que le grand sache qu’il n’est pas le seul à devoir respecter les limites.

    Voilà, c’est tout !

  4. Bein entendu, j’essaye aussi d’être équitable entre les 3, et Madame Ma Fille a son territoire que j’essaie de protéger : son doudou n’est q’a elle par exemple, et meme pour jouer, il ne va pas aux bébés. Pareil, ils sont petits, et meme s’ils ne comprennent pas eux pour l’instant, Lou-Ann voit qu’à eux aussi, je pose des limites.

    J’en suis pas (encore) au point où je pense qu’elle va un jour prendre un couteau de cuisine et tous nous assassiner pendant notre sommeil (note : cacher les couteaux mieux que ça), et je vai tenter les questions en “qu’est ce que”, pour essayer… et sinon bein j’acheterai un ou deux livres, MOI, qui ne supporte pas dolto et compagnie mdr

  5. Il existe apparemment plusieurs possibilités de livres pour les petits, c’est peut être malgré tout à tenter?

    Moi à 4 ans et demi j’avais dit à ma mère qui attendait ma soeur “si c’est une fille, je la tue et je la mets à la poubelle”, et finalement je n’ai jamais fait de mal à cette petite chose fragile, heureusement!

Laisser un commentaire