A toi qui n’est pas (encore) maman : le retour à la maison
Ca y est? Vous avez le feu vert pour sortir de l’hôpital? Bébé a assez repris de poids/est moins jaune? C’est la classe. Vous êtes excitée hein? Le début de votre vie à 3!
Papa arrive avec :
- la nacelle toute belle qui attendait bébé dans sa chambre depuis des mois semaines
- une combinaison + une couverture + un bonnet + l’habillage pluie au cas où (oué c’est un papa…)
Déjà, vous allez découvrir à quel point un bébé c’est encombrant. Vous êtes arrivée avec une valise à la maternité, il vous faut presque 2 voyages pour tout ramener… entre le linge sale, les cadeaux, les multiples magazines/valisettes offertes par les sponsors de l’hôpital, il faut genre 3 sacs de sport pour tout ramener…
La première bouffée d’air est… magique… pour peu que vous n’ayez pas mis le nez dehors pendant votre séjour. De l’air, du vrai, sans odeur aseptisée. En plus vous sortez de là avec, au bras, votre bébé. Ca y est, tout le monde peut voir que vous êtes maman… les gens vous sourient même…
VOus allez rentrez chez vous, dans votre petit nid douillet, tout prêt pour accueillir bébé.Mais je dois vous prévenir. LEs choses ne vont pas rester là où vous avez pensé les mettre.Parce qu’elles seront utiles ailleurs, et que ça va faire moins joli, mais tant pis.
Et puis tout ne va pas se passer comme sur des roulettes. Maintenant, vous êtes seuls avec ce bébé. Et un bébé, ça aime semer la terreur. Ca pleure, on ne sait pas pourquoi. Ca vomi des fois même. Ca fait caca, mais bon, ça c’est plus facile à ramasser…
SUr les « déjà mamans » interrogées, 90% d’entre elles m’ont avoué que le plus dur, entre la grossesse, l’accouchement et le retour à la maison, c’était bien le retour à la maison qui arrivait en tête. Je pense que c’est le moment le plus idéalisé de tous, c’est à ce moment là qu’on tombe de haut, de très haut. Parce qu’on pensait qu’au bout de 3 jours on aurait le mode d’emploi. Parce qu’on nous rabache les oreilles avec des trucs du style : une mère sait ce dont a besoin son enfant. Oui elle le sait, mais pas toujours au bon moment. Pour comprendre les pleurs des bébés, moi j’ai eu besoin de 3 bonnes semaines, et encore, je parle des pleurs « usuels », à savoir manger, fatigue. Les autres, on découvre au fur et à mesure. Et il y en a certains qu’on ne peut expliquer ou calmer, les fameux « pleurs de décharge »…
»les pleurs de « décharge » du soir qui sont normaux, il faut laisser pleurer le bébé »… j’en ai mal au coeur quand je repense à mon ainé hurlant seul dans sa chambre pendant que son papa me forçait à rester loin, me disant « il va s’endormir, il est fatigué » et ça durait parfois plus d’une heure…
Et encore une fois, après vous avoir abreuvé de bons conseils pendant votre grossesse,la famille, les copines et Juju sur son blog arrivent pour vous dire : mais laisse le pleurer! ou encore donne lui à manger à ce petit, il a faim voyons, ou encore, il a trop chaud/froid... Le pire, mais vous allez le vivre, c’est O-BLI-GE, c’est le « laisse moi essayer« . Ce n’est pas méchant hein, mais on veut vous aider. Ca soulage, certes, mais ça dépossède. Et généralemenr, quand quelqu’un essaie, il arrive, et c’est ça le plus dur…
Et pourquoi? C’est simple! Cette personne qui essaie et qui arrive n’a pas votre passif. Il n’a pas ces 2heures de pleurs derrière lui, ces 3 jours de fatigue, ces 4 nuits à ne pas dormir. Cette personne là est zen jusqu’au trognon. D’ailleurs c’est facile à mettre en place à la maison : adoptez le plus souvent possible la zen attitude. Tu ne veux pas dormir? Bein viens, je te porte et on se promène et on joue. Ce moment est plus facile à vivre quand on cède à la fatalité.
D’autant plus que toute votre vie va être chamboulée. Acceptez la fatalité! Vous n’allez plus avoir d’horaires pendant quelques semaines. Jour, nuit, ce sera la même chose. Surtout au tout début, tout sera rythmé par les bibis. Le temps que bébé se mette au 4 repas quotidiens. Ca peut prendre du temps… beaucoup de temps, mais on y arrive forcément un jour.
l’impression d’avoir perdu le controle. Je suis normalement très organisée, limite maniaque et grande perfectionniste, et tout d’un coup, il n’y avait plus d’horaires, plus de nuits et de jours, le bordel partout dans l’appartement,, des bébés qui vivaient à leur rythme et pas au mien, jamais le temps de rien faire et surtout l’angoisse de ne pas savoir si je faisais du bon boulot avec mes bébés …
Tout comme cette maman qui témoigne, c’est aussi le manque d’organisaiton, l’impression d’avoir perdu le contrôle qui a été le plus dur chez moi. Moi qui même sans enfants ne pouvait imaginer un repas pris à 14H ou à 22h, j’ai bien du me faire à l’idée pendant quelques temps. MAis pour la 1ere uniquement. Quand les jumeaux sont arrivés, meme s’il se levaient la nuit pour manger, en une semaine, ils collaient au rythme de leur soeur et à 19H30, tout le monde était au lit. Mais il est vrai qu’un premier, on n’a pas envie d’aller le coucher, on sait pas s’il va se relever, alors on préfère le garder au salon…. enfin c’était comme ça chez nous!
Et puis ce n’est pas tout. On vous a pas dit, mais quand vous allez rentrer, vous allez être mère (bon ça, vous vous en doutez) mais aussi femme… Enfin on va vouloir que vous le soyez….Femme pour le foyer, mais aussi femme pour votre mari, qui va se dire que maintenant que votre gros ventre n’est plus là, il serait de bon ton de recommencer les galipettes…
ALors je vous ressors pas les histoires de cicatrices et de points de suture heiiiiiin,mais en dehors de ça, vous ajoutez la fatigue, l’énervement, et vous essayez de vous imaginer en train de faire des galipettes. Vous y êtes? Alors on peut toutes rigoler en même temps…. Et pourtant il va falloir être là pour votre mari aussi. Aussi compréhensif soit il, vous risquez de vivre des bas dans votre couple. Rien de grave, ça s’arrange la plupart du temps, mais croyez moi, il y a certains jours où être femme sera bien plus dur qu’être maman…
le plus dur fut le retour à la maison : Pas facile de vouloir tout concilier le fait d’être une mère, d’être une épouse et puis de tenir la maison un tant soit peu propre. En fait, avec la fatigue de l’allaitement et la nouveauté du bébé, je n’étais carrément pas disponible pour autre chose. Et j’avoue que nous avons passé 2/3 mois difficiles, le temps de prendre nos marques – il paraît que c’est normal (…) et c’est vrai que parfois, je me disais que mon mari ne se rendait pas forcément compte de ce que ma journée avait de fatiguant et de pas très gratifiant intellectuellement.
Ce week end… un petit bilan de cette semaine….





