[Livre] Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère … et retrouvé l’amour – S.G. Browne

Comprenez-moi bien. Mon père n’était pas un con. Il était simplement persuadé d’avoir toujours raison, même quand il ne savait pas de quoi il parlait. Il aurait fait un excellent politicien.
Il faut néanmoins que je reconnaisse son talent pour le choix des réfrigérateurs. Ma mère voulait un de ces modèles américains de chez Whirlpool avec frigo et congélateur côte à côte, mais mon père avait insisté pour prendre un Amana avec le congélo en bas. Il disait qu’on gagne en énergie lorsque l’air froid descend au lieu de monter. Il affirmait aussi que c’était un gain de place.
Les têtes de mes parents et la majorité de leurs membres ont été rangés dans la partie congélateur ; quant à leurs troncs, ils ont été fourrés dans le frigo. Si nous avions acheté un modèle Whirlpool, je n’aurais jamais réussi à faire tenir leurs torses sur les étagères. Merci Papa.

(Je vous conseille fortement d’autres citations qui vous donnent une bonne idée de l’ambiance du livre sur Babelio)

G-browne

Présentation de l’éditeur :
Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes.
Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey.

Après un accident de voiture ayant causé sa mort, ainsi que celle de sa femme, Andy s’est réveillé. Il fait partie de ces quelques morts qui se réveillent chaque année. Un mort-vivant. Un zombie.

Il se considère comme assez chanceux au final : ses parents ont accepté de le garder au domicile familial, caché dans une cave. Andy profite des bonnes bouteilles de son père en regardant la télé, et consacre le reste de son temps aux réunions des Morts-vivants-Anonymes et à ses visites chez un psy. Il doit prendre garde à bien ingurgiter sa dose de formol chaque jour, afin que la décomposition de son corps soit ralentie, sa jambe empêche de marcher correctement ou courir (elle a gardé un angle impressionnant après l’accident) et il ne peut pas parler. Il a donc une ardoise autour du cou pour pouvoir s’exprimer.

La société tolère les zombies, un peu comme des animaux de compagnie. Ils peuvent être là dans la limite des règles qui leur sont imposées. Ces règles sont par contre plus strictes que celles qui concernent les animaux de compagnie. D’ailleurs s’ils sont pris à errer, ou en train de ne pas respecter l’une de ces règles, ils sont mis en cage à la SPA, en attendant soit l’arrivée du parent proche qui a bien voulu le garder, soit celle d’une voiture qui les mènera vers des centres expérimentaux pour servir de cobaye. et de manière récurrente, les morts-vivants sont attaqués par certains Respirants qui n’ont qu’un but : s’amuser un peu en arrachant un bras.

On suit Andy dans sa « nouvelle » vie, d’abord triste et émouvante. Une rencontre va tout faire basculer : Andy veut une vraie vie. Il veut se battre pour avoir des droits. Cette rencontre va faire renaître en lui l’espoir, celui de pouvoir recommencer dans son nouvel état. Et curieusement, en même temps que l’espoir grandi, son état physique s’améliore : les plaies dûes à l’accident cicatrisent doucement, il s’efforce même de prononcer quelques mots…

Mon premier roman Zombie. Et je ne suis pas déçue : le style est mordant, les thématiques soulevées (intégration, différence, amitié, amour…) traitées à la fois avec humour et de manière très touchante, émouvante. On n’est pas dans le gore pour le gore, même si certains passages ou descriptions le sont un peu plus (nous sommes dans un roman qui parle de zombie, quand même). J’ai refermé le livre (du moins l’application) l’œil humide et le cœur plein de revendications… Avec le sentiment d’avoir passé un très bon moment !

Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère … et retrouvé l’amour, de S.G. Browne, MIROBOLE EDITIONS. 2013.

2 réflexions au sujet de « [Livre] Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère … et retrouvé l’amour – S.G. Browne »

Laisser un commentaire