Où l’on fête les femmes et on oublie leurs droits

Autant vous dire qu’après avoir vu moultes promos réservées aux proprios chanceuses d’utérus (enfin même ça, techniquement ils ne peuvent pas vérifier…) pour ce divin jour de la « fête des femmes », et quelques conversations intelligentes sur le sujet, je suis un peu énervée sur le sujet.

Non aujourd’hui, ce n’est pas la journée de la femme.

Ce n’est surtout pas non plus la fête des femmes. Genre viens on fait une grosse boum, on s’habille en soubrette et on va fouetter des hommes.

En vrai, aujourd’hui, c’est une journée pour que TOUT LE MONDE réfléchisse un peu plus, travaille, mette en avant LES DROITS DES FEMMES. La Journée Internationale des Droits Des Femmes.

Pour qu’un jour, tout le monde comprenne que le corps d’une femme n’est pas un objet. Ni un truc à cisailler pour qu’elle puisse se marier.

Pour que plus tard, quand elles travailleront, mes filles gagnent le même salaire que leurs collègues masculins, à tâche égale.

Pour qu’elles puissent se construire une carrière ou élever leurs enfants, si elles choisissent d’en avoir. Qu’elles aient ce choix de se réaliser au travail, en famille, selon leurs souhaits.

Pour que toutes les petites filles du monde puissent avoir cette chance de se lever le matin pour aller à l’école, avec leurs frères, cousins, voisins.

Une journée des droits des femmes est nécessaire. Parce que dans certains pays, les femmes n’ont pas le droit de conduire une voiture. Ou de voyager sans l’accord d’un mâle. Et ce n’est pas uniquement un argument pour ne pas remettre une Légion d’Honneur, mais un fait réel contre lequel il faut se battre.

Du point de vue de mes filles, avec un papa qui ne considère pas qu’elles valent moins que leur frère, une maman qui travaille, un entourage bienveillant, peu importe ce qu’elles ont dans leurs culottes, elles n’imaginent pas la chance qu’elles ont. Et les combats qui, l’air de rien, les attendent très rapidement. L’égalité ne devrait pas être une question de chance, mais un fait.

Mais si un jour on arrête de faire des promos lavage de voiture ou cours de ski pour « la journée de la femme » et que tout le monde commence à parler des droits des femmes, aujourd’hui, tous les 8 mars, mais aussi tous les jours… peut-être qu’elles et toutes les petites filles du monde auront moins de combats à mener…

Donc s’il vous plaît, aujourd’hui, avant de retweeter, partager une énième offre débile de réduction, de cadeau parce que tu as des seins, d’offre spéciale sur une heure de ménage, ou pire, une blague débile sur « aujourd’hui tu fais pas la vaisselle », juste aujourd’hui, prenez 5 minutes pour aller voir ailleurs. Sur la page Facebook de Plan France (qui même après une campagne décevante en 2015 – la sombre histoire de la blogueuse qui était une comédienne, reste pour moi l’association de référence dans l’aide aux petites filles notamment, à travers le monde), sur celle dédiée de l’ONU pour les femmes. Et puis, une fois n’est pas coutume (parce que j’ai tendance à ne pas me retrouver dans ses articles), je vous mets là un article de Nadia Daam : Le Bingo du 8 mars. Dépression assurée…

Une réflexion au sujet de « Où l’on fête les femmes et on oublie leurs droits »

  1. aggie

    Ca m’horripile aussi!!!
    Encore une occasion de parler des droits des femmes qui passe à la trappe à cause, notamment, de la récupération marketing qui en est fait….

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