Paris ou pas.

Ce week-end à Paris début décembre m’a demandé de l’énergie : trouver pour garder les enfants, trouver pour garder le chien, trouver pour dormir, réserver les trains sans savoir si après les attentats tout allait avoir lieu quand même. Tellement d’énergie que les derniers jours avant mon départ je me demandais si en fin de compte, ça valait le coup. Le stress, les remarques des autochtones ardéchois pour qui monter à PARIS en CE MOMENT TU VOIS, bah c’est limite comme décider d’aller en Syrie, surtout sans gilet pare-balles – déjà que traverser le Rhône pour aller à Valence c’est devenu critique.

Mais honnêtement, Paris ou pas, l’idée était principalement de m’éloigner un peu. Prendre du recul, savoir si je débloquais, tenter de découvrir d’où vient ce décalage que je ressens constamment entre ma façon de voir les choses et celle de ceux qui m’entourent ici, ma façon de vivre les choses qui semble tellement différente ici. Qui sait, le manque de vie sociale peut tout à fait mettre quelqu’un à côté de ses pompes.

Bon je ne te cache pas que j’avais déjà ma petite idée. Mais ma confiance en moi est telle que j’avais besoin d’une confirmation.

Paris ou pas, ce week-end a été parfait. J’ai discuté avec des gens intéressants. J’ai bu aussi. j’ai mangé des sushis et je suis allée au Burger King un dimanche à 11h30 et chez Bagelstein. J’ai partagé une omelette et du pâté avec des collègues et des auteurs de livre jeunesse à 22h en donnant mon point de vue sur le dernier Houellebecq. J’ai aidé à soigner une grosse bosse sur le front d’une petite poulette qui n’était pas ma fille. Et je suis même retournée voir ma copine à mon ancien boulot, alors que l’idée même de franchir la porte de ce bureau m’angoissait.

Pendant 3 jours, j’ai échangé, on ne m’a pas imposé de vision des choses, on a pris en compte mon point de vue, même si on n’était pas d’accord avec moi. On ne m’a pas dit « c’est comme ça ». Je n’ai pas eu à choisir entre une explication mystique (c’est la pleine lune) ou sexiste (elle a ses ragnagnas) ou réaliste (elle est conne) pour expliquer pourquoi la voisine dit bonjour un jour et nous ignore en levant le nez comme dans les dessins animés le lendemain. Je n’ai pas eu à expliquer à la mairie en plein conseil d’école ce qu’était un « faux », qui n’a bien choqué que moi d’ailleurs.

Prendre le problème autrement

Je suis rentrée plus forte et bien décidée à fermer définitivement la porte à ces gens pathétiques. Leur tourner le dos pour rencontrer les autres, ceux qui sont ouverts, qui ont déjà roulé à plus de 70 km/h (en gros qui sont sortis de l’Ardèche) et qui savent échanger. Les gens que les premiers m’ont déconseillé d’ailleurs…

C’était à Paris, ça aurait pu être ailleurs. Paris ou pas, j’ai décidé de tenter de remettre en question les autres pour une fois. C’est sûrement égocentrique et plutôt condescendant, j’en ai conscience. Mais depuis 18 mois, je me dis que je suis le problème et ça ne marche pas mieux.

7 réflexions au sujet de « Paris ou pas. »

    1. cranemou

      « t’es plutot une recompense qu’un probleme »

      Rien à ajouter

      <3

      (Lyon, c'est bien aussi, on a plein de lits, plein de vin et plein de trucs jolis en dedans de nous)

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  1. steph57

    Même si cela fait longtemps, très très longtemps que l’on ne se voit plus, je garde le souvenir de ces deux années où tu as été là pour moi. cette période a été facile à traverser grâce à toi, ton soutien, tes fous rires… je suis très fière d’avoir partagée ces moments là avec toi. tu es une fille FORMIDABLE même si on ne s’est pas vu depuis maintenant 13 ans. Ne doutes jamais de ce que tu es : UNE FILLE GENIALISSIME.

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  2. Fabien R.

    Salut Julie,
    Pareil, ça fait bien 13 ans qu’on ne s’est pas vu, mais crois-moi, ce n’est pas pour rien si 13 ans après je traine sur ton blog. Et tu es la seule avec qui je fais ça de notre groupe MCC !
    Je serais très heureux si un jour nos chemins pouvaient se croiser à nouveau, j’aimerais rencontrer ta famille et te présenter la mienne.
    Bises,
    Fabien ;-)

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