[Livre] La part du colibri – Pierre Rabhi : L’espèce humaine face à son devenir.

Par ailleurs, l’idéologie [ le miracle industriel ] prétendait qu’avec la science et la technologie, les êtres humains allaient être libérés. Or, l’observation des faits nous montre que l’itinéraire de vie d’un être humain dans la modernité est fait d’enfermements successifs : de la maternelle à l’université, il est enfermé, les jeunes appellent ça le « bahut »; les femmes et les hommes en activité disent travailler dans « des boîtes », petites ou grandes ; les jeunes s’amusent en « boîte » et y vont dans leurs « caisses ». Ensuite , vous avez la boîte où l’on stocke les vieux avant la dernière boîte que je vous laisse deviner. Cela peut paraître caricatural mais révélateur d’un fait objectif. Comment ne pas voir, avec ce programme d’existence, une forme d’aliénation de la personne ?

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Pierre Rabhi est le plus souvent présenté comme un expert mondial en agroécologie. Né en Algérie, il grandit à Paris et part plus tard avec sa famille reprendre une ferme dans les Cévennes. Ouvrier agricole au départ, il n’adhère pas à la façon de faire … Il ne comprend pas et cherche alors une autre manière d’élever ses bêtes et cultiver ses champs.

Ce petit essai lu sur un trajet de RER m’a parlé. Parce que je pense aussi que notre monde notre manière de produire, de consommer ne peuvent nous mener qu’à une situation qui ne pourra que se dégrader.
Parce que je pense aussi qu ‘ à force de vouloir produire plus et plus vite, la qualité de ce que nous mangeons est médiocre.

Comme Pierre Rabhi, je crois au retour aux économies locales. Au produire et consommer local. Pas question d’autarcie ou d’auto-suffisance, juste au retour de la raison. Pourquoi acheter des tomates espagnoles alors qu’on en produit en France ? Il cite d’ailleurs une étrange histoire de tomates qui se croisent sur la route assez révélatrice …

On parle de décroissance sans jamais écrire le mot. Mais l’idée est bien là tout au long de ces quelques pages. Remettre l’humain et la terre au centre de nos préoccupations, de nos manières de vivre. Remettre l’argent et l’économie au service des humains et non le contraire.

Et le colibri dans tout ça me direz vous ? Le colibri c’est un peu chacun de nous. Il a sa part à effectuer. Si petite soit-elle. Il ne peut pas y arriver seul, c’est évident. Mais si le colibri est volontaire, les autres ne pourront que suivre…

Je vous le conseille vivement. C’est l’un des seuls livres que je me suis retrouvée à feuilleter après la lecture, juste pour relire certaines phrases. Des phrases qui me parlent. Des idées que je mettrai en pratique en quittant la ville, véritable univers « hors sol » pour Pierre Rabhi, mon retour à la Terre étant prévu dans les prochains mois…

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