[Livre] Le nombril – Elisabeth Cadoche

« Je suis un monstre : je suis né sans nombril. J’ai été abandonné sur les marches de l’église de Corneville et c’est ma « mère » qui m’a trouvé. Cette grenouille de bénitier se rendait à sa prière matinale qui tenait en six mots : « Seigneur, faites que je sois enceinte ». Son vœu a été exaucé au-delà de ses espérances. Le bébé était déjà tout fait et sans défaut apparent, un signe du ciel. Elle m’a ramené à la maison, a dit à mon père : « c’est un don de Dieu, je t’interdis d’en parler à quiconque, il s’appellera Adam et nous l’élèverons comme notre propre enfant. »

le nombril - Cadoche

Voici typiquement le genre de roman que je n’aurais pas ouvert de moi-même. On m’a proposé de le découvrir, et ma curiosité a pris le dessus. J’ai donc fait connaissance avec Adam, un prof trentenaire, parisien, un peu renfermé sur lui-même. L’histoire tourne tout autour de ce nombril qu’il n’a pas. Un secret de famille d’abord – ses parents lui disent de surtout ne pas le dire aux autres – qui devient son secret, sa croix à porter, le boulet qu’il traîne et qui l’empêche d’avancer.

Si, petit, cette absence lui fait penser que peut-être au fond il est un super-héros, une fois adulte, ce complexe l’empêche de vivre sa vie complètement : se déshabiller devant une fille lui est impossible par exemple (même si on se demande parfois si c’est lié à son défaut ou à son attachement envers son premier amour, Madeleine, qu’il espère recroiser).

Le Nombril, c’est l’histoire de la recherche de ses racines, et l’influence de ce passé inconnu sur la vie présente. Pourquoi n’a t-il pas de nombril ? Qui l’a déposé devant l’église où sa mère adoptive l’a trouvé ? Mais c’est aussi l’histoire de ces complexes autour desquels nous construisons nos vies, en nous limitant à eux, les laissant nous définir.

Un premier roman intelligent, avec beaucoup de bons mots drôles, des repères culturels français qui ancrent les personnages et l’intrigue dans notre réalité. J’ai pourtant eu du mal avec Adam, comme j’ai du mal avec les gens qui s’apitoient sur leur sort dans la vie en général, je l’ai trouvé pleurnicheur, souvent, et parfois très égocentrique. J’aurais aimé pouvoir lui mettre un coup de pied aux fesses de temps en temps. Je suis souvent revenue par défaut à la première question du livre : comment naît-on sans nombril ?

Le Nombril – Elisabeth Cadoche – 31 Editions (2,68€- format E-pub uniquement – il m’a été offert)

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