L’été, la chaleur et le bruit.

Je suis une fille du froid. Ceux qui me connaissent savent que je préfère 20cm de neige et une combi de ski plutôt que 35 degrés sur une plage. Y’a des gens comme ça.

Depuis deux ans, je vis mieux la chaleur. Avant, alors que les gens normaux se tapent une déprime à l’automne ou en janvier, moi c’était fin juin début juillet. Là, j’arrive à prendre sur moi. Et à profiter aussi.

Mais je t’avoue que depuis quelques jours, c’est tendu. Je ne dors plus. J’ai des douleurs qui sont arrivées de nulle part. Des migraines. Bref, j’ai atteint mon quota de vitamine D et de sudation, au revoir, à l’an prochain.

J’ai aussi atteint mon quota de bruit. C’est dire, on était plus tranquille en région parisienne avec l’A86 à proximité… La fenêtre à l’extrémité de mon appartement donne sur le grand parking de la vi… du village. Il y en a d’autres. Mais c’est là où tout se passe : la fête foraine (soit), le bal du 14 juillet (j’ai rien contre ça non plus en vrai), le beach-soccer (avec du sable à ciment, la station de lavage du coin les remercie, mon gosse asthmatique aussi), le concours de boules (avec le boulodrome… à côté, bref), le rassemblement rallye (avec les voitures qui tournent toute la journée et l’odeur d’échappement et d’essence qui va avec), le rassemblement enduro moto et tous ces connards qui urinent partout mais surtout sous ta fenêtre…

Dans l’absolu, ces manifestations sont chouettes, et je pourrais estimer que je suis chanceuse de pouvoir bien en profiter, étant à côté. Sauf que quand il fait chaud et que je ne peux pas ouvrir mes fenêtres la nuit, déjà ça me saoule.

Quand la manifestation s’arrête officiellement à 1h du matin, et que jusqu’à 5h30, on a des gens complètement bourrés qui hurlent et finissent en s’endormant dans la sable à ciment, ça me saoule. Surtout si la buvette ET la musique recommencent à 7H30. 3 jours d’affilé.

Quand le bar derrière la place, à l’autre bout, s’offre une soirée boîte de nuit un samedi sur deux sur le trottoir et ce qui lui sert de terrasse, ça me saoule.

Depuis la mi-juin, nous avons eu un seul week-end tranquille, et d’autres manifestations la semaine. Et j’en suis à comprendre les mecs qui un soir, sortent avec leur fusil et tirent dans le tas. Et je comprends pas pourquoi tous ces gens qui sont là depuis des années, qui râlent avant, pendant et après les manifestations, ont laissé le truc évoluer et grandir. Ça joue sur ma santé, clairement, et ça me rend folle : je tique à chaque bruit, les gosses ne peuvent plus racler leur assiette sans que je me mette à hurler. J’ai des soucis d’endormissement et d’insomnie. Et je me dis que je suis là depuis un an, faire un courrier à la mairie, ce serait être ridicule : la nana est là depuis un an et elle veut révolutionner le truc ?

Non, je veux rien révolutionner. Je voudrais que ce soit encadré. Que ces policiers municipaux soient sur place lors des manifs pour éviter les débordements. Que les hauts-parleurs ne soit pas TOUJOURS braqués vers chez moi. Que quand on me dit que la musique termine à 1h, elle termine à une heure et qu’on arrête de prendre mon rebord de fenêtre comme une table de bar ou un banc municipal. Je veux arrêter d’avoir la gorge qui se serre quand je vois les agents municipaux installer des barrières avant l’installation d’une nouvelle animation.

Je veux arrêter de me dire que merde, on était mieux en région parisienne.

Qui a peur du grand méchant loup ?

Par cette chaleur, j’ai emmené quelques jours les gnomes à la montagne.

Bon, il y faisait chaud aussi, on n’y est pas très haut. Mais c’était quand même plus respirable que dans notre vallée du Rhône caniculaire. Surtout la nuit.

Nous avons entrepris une montée de la montagne que nous voyons de notre balcon. L’hiver, le télésiège nous y emmène, l’été, on peut choisir de prendre le télésiège en deux fois, ou juste pour la première partie et finir la montée à pied. Nous l’avions tenté il y a deux ans, nous arrêtant proches du but, les jumeaux étaient petits et j’avais peut-être vu trop haut pour cette rando.

Mes enfants n’aiment pas forcément marcher. Avec des jeux, et en attendant de tomber sur ce fameux banc-à-l’ombre-où-on-s’arrêtera-pique-niquer (il est tout en haut mais ils ne le savaient pas :P), nous sommes donc arrivés au somment, finalement bien fiers.

Mont Pelat 2015

Et il fallait redescendre. Madame Ma fille déchiffrait les panneaux, même si le chemin le plus évident était celui des pistes de ski que nous connaissons bien. Et arriva le panneau qui indiquait notre village, via la piste de raquettes. Elle l’a pas loupé. Et il était à l’ombre, le chemin. Alors pourquoi pas. Maudite école qui apprend à lire à nos enfants.

Peut-être que je n’ai pas levé la tête au bon moment, ou que je me suis plantée, mais je reste persuadée d’avoir suivi le chemin indiqué. Reste qu’à un moment, cul de sac. Fin du chemin. Forêt. Dense.

Nous avions marché 45 minutes en grande descente depuis le dernier croisement. Les gnomes étaient crevés et moi aussi, je gardais les dernières gouttes d’eau. Nous arrivions sur une ferme, avec des gros et hauts barbelés impossibles à franchir. Pendant 10 minutes, je me suis dit qu’on allait les longer, trouvant forcément un endroit où passer. Mais non, et la forêt ne nous laissait aucune trouée pour me permettre de vraiment savoir où nous étions (même si après-coup, j’ai été rassurée de voir où nous étions arrivés, on était bien dans la bonne direction, mais impossible de passer.).

J’ai du motiver les troupes, crier un peu, mais surtout ne pas paniquer devant eux, car l’espace de 20 minutes, j’ai bien pensé à téléphoner à quelqu’un, lui expliquer quel chemin nous avions suivi, pour qu’on m’indique quel chemin rattraper. On a chanté des chansons (pas celle du titre) en remontant ce que nous avions descendu, rattrapé un autre sentier de raquettes, et atterri dans un autre village à 30 minutes de chez nous. Ensuite, la route.

Je me suis sentie bête de ne pas avoir pu suivre un simple chemin, mais renseignement pris, l’été, c’est travaux et il y a plein de ramifications qui tombent sur un cul de sac à cet endroit. Passer au-dessus des barbelés m’emmenait chez moi, mais ils étaient franchement hauts. Maintenant j’ai envie de remonter pour voir où je me suis plantée (ou pas).

Ce jour là, nous avons marché 17 km, avec 300m de dénivelé pour la montée, 600 pour la descente. Et on a bien dormi.

Visite du Parc de Sainte-Croix (57)

Il faisait beau, il faisait chaud ! On avait bien choisi notre journée pour aller visiter le Parc de Sainte-Croix. C’était en avril dernier, lors d’un passage chez Papi et Mamie, et si jamais vous êtes dans le coin, je vous conseille fortement de tenter ! (Même si leur community manager organise des concours avec obligation de partage sur facebook. Tout le monde ne sait pas lire, c’est pas de sa faute)(Piniouf).

Déjà le parc est gigantesque. Vous avez la petite ferme qui va bien avec des biquettes cromignonnes, les gosses adorent – moi aussi, ok. Une fois que vous les avez descotchés des cochons, vous pouvez aller faire un tour sur le parcours pieds-nus. Tout le monde n’apprécie pas évoluer pieds nus, surtout dans la forêt, je le conçois. j’ai du traîner les gnomes, un peu réticents, et au final ils ont adoré (même si ça pique).

Vous pouvez suivre différents parcours, avec un code couleur pour vous repérer et suivre le chemin à travers le parc, selon ce que vous avez envie de voir. Les loups, les ours, les cervidés, les lynx, des buffles, des tortues, des pélicans, ils évoluent tous dans de grands enclos autour desquels on est amené à tourner (et pas juste passer devant donc). L’humour est aussi au rendez-vous :

Parc Sainte Croix

Les ateliers organisés par le personnel autour des animaux sont aussi très intéressants et on y apprend beaucoup. J’ai trouvé que le discours tenu s’adressait aussi bien aux petits qu’aux grands : on ne parle pas aux enfants comme à des bébés, et on donne des vraies infos qui intéressent toute la famille. Le fonctionnement de la meute chez le loup, ou encore différentes manières de nourrir un ours (pour lui donner l’impression qu’il chasse/cherche sa nourriture), Magow, Tisam et Madame Ma Fille ont retenu plein de choses.

On trouve toilettes et petits snacks tout au long du chemin. Des animations et des jeux autour des différentes espèces : les miens ont apprécié l’univers lupin, ainsi que l’expo sur les insectes qui peuplent nos maisons juste à l’entrée du parc (depuis, je me dis que quelques mouches qui tournent dans ma cuisine c’est pas la pire des choses…)

Je vous laisse avec quelques photos !

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La vie, la mort, le hamster.

Je vous le présentais au mois d’octobre. Ouistiti avait rejoint la Tribu à la suite d’un commun accord avec moi-même : si et seulement si j’acceptais de changer la cage une fois par semaine.

Pour le plus grand bonheur de Madame Ma Fille, je suis assez souvent d’accord avec moi.

Mais il a eu un accident. Du genre à lui vriller la patte de manière à ce que ça lui fasse un garrot. Du genre bien dessous, histoire qu’on ne s’en rende compte qu’au minimum deux jours plus tard. Du genre le petit bout de patte à l’envers plus trop rose, avec les griffes vers le haut.

La chose n’avait pas mal pourtant. Il marchait moins bien, pour sûr. Mais j’ai voulu voir de plus près histoire de poser un diagnostic, et il s’est laissé faire, comme les autres fois.

C’est à l’instant où elle a vu ce qui se passait là dessous que Madame Ma Fille a commencé à pleurer. Il était 13H. Et elle s’est arrêtée en s’endormant bien tard.

ouistiti

On lui a parlé de l’euthanasie. On lui a expliqué la nécrose, la septicémie. Même si notre véto avait été Nac-Friendly, la seule chose qu’il aurait pu tenter était une amputation, vu la tronche de la papatte. Mais mon véto n’est pas Nac-Friendly, vu le blanc qui s’est écoulé après mon « c’est un hamster » quand je l’ai appelé.

Elle est venue avec moi le déposer, elle a pleuré silencieusement dans la voiture en rentrant. Elle a insisté pour que je lui imprime une photo et a voulu prévenir ses mamies par téléphone. J’ai fait comme elle voulait. On a répondu à ses questions.

Le concept de l’euthanasie l’a interpellée, et je sens qu’on en a pas fini… Pour Ouistiti par contre, c’est fini. C’était un accident ma belle, tu étais une petite maîtresse parfaite…

Mon dernier lundi de maternelle !*

* normalement.

Je l’ai réalisé en allant doucement les réveiller pour l’école ce matin. « Allez, c’est ton dernier lundi de maternelle ». C’est le leur, le mien aussi finalement.

J’espère que votre planning pour les vacances est prêt ! Ici tout est réglé et on va profiter de cette dernière semaine. Même quand c’était moi l’écolière, j’aimais ces derniers jours de classe. Dire au revoir aux copains et pleurer un peu parce que la maîtresse elle était chouette, et puis quand même l’an prochain fait un peu peur. Vider le cartable et retarder le moment où on ouvre le cahier de vacances…

De l’autre côté de la barrière, l’an prochain fait toujours un peu peur. On aime aussi bien la maîtresse, au point de lui préparer un bocal « SOS Cookies » (sur vos recommandations sur la page facebook, j’ai validé !).

SOS cookies

(Oui, j’en ai 3 à faire…)

Cette dernière année de maternelle s’est bien passée. Elle aurait pu être compliquée, à cause du changement d’école, de région, TiSam et Magow avaient des copains auxquels ils tenaient. Ça a pris le temps, mais ils s’en sont fait de nouveaux, et j’avais du monde samedi pour leur anniversaire. TiSam a beaucoup appris avec cette nouvelle maîtresse aux méthodes différentes, et si au début de l’année, c’était pas gagné, il a fait pas mal de progrès. L’an prochain ils devraient à nouveau être dans la même classe (une seule classe de CP a priori), et j’en suis contente : ce sera plus confortable pour nous pour les devoirs notamment.

On parle beaucoup des premières fois. Il y a des dernières fois qui comptent aussi ! On fête notre dernière semaine de maternelle, la gorge un peu serrée mais bien fiers de nos petits-grands !

Acquis ou non-acquis ?

Bonjour,

Je suis la maman qui râle parce que sa fille, malgré des évaluations avec des 1/5  à certains exercices, présente un « bulletin » formidable plein de croix dans la colonne « acquis ».

Il n’y a que deux colonnes dans ce bulletin. Soit c’est acquis, soit ça ne l’est pas. Le « en cours d’acquisition » s’est sauvé lâchement, sentant bien que ce système de notation était pourri.

Je suis donc tombée d’abord sur cette synthèse, félicitant Madame Ma Fille de cet alignement parfait des croix dans la bonne colonne. Et j’ai signé. Et ensuite j’ai ouvert les évaluations, une de maths, une de français. J’ai regardé les maths en premier, parce que c’est un peu son point faible. Elle a plutôt bien bossé, j’étais contente, elle a fait des progrès de ce côté là. Quelques fautes d’orthographe, « il est sept heures est quart », corrigées par l’enseignant, mais sans impact sur la note. Soit…

Arrive l’évaluation de français. Et là, j’ai un peu eu l’impression d’être sur un groupe Facebook. Exercice sur le passé composé : « j’ai manger ». Manger se retrouvant avec un « er » à toutes les personnes. Sauf pour vous. « Vous avez mangeais » (punaise, le correcteur, arrête de souligner).

1/5 pour l’exercice. Normal. Mais pourquoi une croix dans « acquis » alors ? Phonétiquement, elle l’a acquis c’est sûr oui. Et encore, on peut en parler, selon les régions, et même selon la façon de prononcer les sons, c’est pas gagné. Donc le passé composé, il est acquis à partir du moment où tu sais qu’il y a le verbe être ou avoir, avec un autre verbe qui se termine vaguement par le son « é » à la fin ?

badges Mysticlolly

(une très bonne idée pour remplacer bons-points, images, et féliciter les bons élèves ET les efforts : les badges CHAMPION DE… disponibles dans la boutique Mysticlolly. Elle tient aussi un blog « journal de bord d’une instit’ un peu moins débutante » que j’aime beaucoup et qui est une mine d’infos)

Je ne sais pas si tous les enseignants donnent les évaluations pour info aux parents, mais si je me reporte au bulletin, je me dis que ma gosse a bien bossé, qu’elle n’a pas de soucis, tout va bien. Mais franchement, est-ce le cas ? Un B, un B-, un 6 ou un 7, ne révèlent-ils pas mieux le niveau d’un élève ? On n’a plus le droit d’être un chouïa exigeant ? Juste pour que le « acquis » soit… acquis ?

Bref, j’étais un peu en colère. Parce que quand j’ai dit à Madame Ma Fille qu’on allait faire de la conjugaison, et qu’on allait aussi revoir ces mots qu’on a tant dictés (alors qu’il fallait « juste les relire, maman, c’est le maître qui l’a dit »), elle n’a pas compris où était le problème… Et que depuis, je comprends mieux le niveau des groupes facebook.