La parfaite maman d’élèves…

J’ai enfilé cette nouvelle tunique depuis un petit mois. Depuis que je ne travaille plus de manière salariée, que je n’ai plus vraiment d’horaires de boulot à respecter. Du moment que le boulot est fait, c’est bon.

Alors je me suis mise sur la liste des parents qui accompagnent à la piscine. Les CE1 et les grandes-section. Tout à fait. Pour qu’il n’y ait pas de jaloux. En plus en novembre j’avais passé ma certification piscine : j’ai sauté dans l’eau, j’ai nagé 10 m sur le ventre, 10m sur le dos, j’ai du faire du sur-place en comptant jusqu’à 30 et voila, j’étais apte à sauver accompagner des enfants dans l’eau. (Et là, toi qui croyais que tous les parents qui accompagnaient avaient du sauter dans une eau à 5 degrés pour remonter 30 mannequins en moins de 10 secondes, tu flippes. Non ?)

http://cubiclerefugee.tumblr.com/post/51745019609

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Le CE1, c’est carré. J’ai un tableau qui me dit quels jours je dois être là. 3 jours. J’en ai fait 2. C’est cool.

Les grandes-section… bah la maîtresse estime, à juste titre si tu veux mon avis, que plus elle a d’accompagnants, mieux c’est. Donc je vais en être tout le temps je pense.

Mais les plus petits écoutent mieux. Les CE1/CE2 tentent à chaque fois que tu les quittes des yeux, de faire leur vie tranquillou. Les petits ne te quittent pas du regard, ils savent que s’ils le font, ils vont se noyer.

Voila, j’ai gratté des points en plus en amenant des petits albums sur la nature à la maîtresse, rapport à la classe de découverte qu’ils font en mai (les petits, oui).

Et me voila désignée d’office pour accompagner à la médiathèque cet après-midi.

Être la parfaite maman d’élèves, c’est donner la main à la maîtresse en attendant qu’elle t’avale tout(e) cru(e). Mais je le savais, et ça me fait plaisir de pouvoir le faire. Parce que tu sais que quand tu bosses, et que tu peux pas, ça t’embête. Que quand ils doivent annuler une sortie piscine faute accompagnateurs, c’est dommage. Et pour ma sociabilisation, c’est tout bénef’ je pense…

Et toi ? Parent accompagnateur ?

Le goût de l’effort

Madame Ma Fille travaille bien à l’école. Travailler est en fait un bien grand mot, pour le coup tout – ou presque – coule de source et à partir du moment où on la fait bien réviser ses tables et les additions, tout se passe bien.

Elle n’aime pas trop repousser ses limites, physiquement parlant. C’est toujours compliqué de lui dire qu’on va marcher par exemple. Mais elle est contente quand elle peut raconter qu’elle a fait une marche en raquette et que c’était dur. Dans son récit elle oublie forcément les crises de larmes ou les « j’ai trop mal aux jambes ». Elle retient qu’elle l’a fait. Moi je retiens qu’on l’a poussée et qu’au final, c’était bien de le faire.

Quand à Noël elle a demandé une guitare, Mamie et Papi ont voulu coller les cours qui allaient avec. C’était logique. On a mis le temps qu’il fallait pour trouver quelqu’un de correct, dans un cours individuel.

Mais voilà, les accords, ça n’investit pas tes doigts par la magie du saint esprit. Il faut travailler. Dur. Et là, ça ne passe plus. 2 cours seulement, assez intéressants, pour y avoir participé. Mais il faut travailler un peu en dehors et ça ne donne pas forcément quelque chose de bien de suite.

Alors elle a tenté de zapper. Avec le Chewi on a été tenté d’abandonner. Pourquoi la pousser si elle n’aime pas après tout ?

Peut être parce que tout ne sera pas tout cuit dans la vie et que travailler la guitare est une manière sympa d’apprendre à faire un effort ?

On a donc décidé de la pousser un peu. De veiller à ce que ses 2 ou 3 sessions de 15 minutes dans  la semaine soient faites correctement. J’ai travaillé les accords pour pouvoir les lui montrer. Et je lui explique à quel point dans 3 ou 4 mois elle sera fière d’elle quand elle nous jouera un petit morceau. Que cette fierté sera tellement plus grande que quand elle a 10 à une dictée, parce qu’elle aura fait… un effort.

Le bonus : toi aussi apprends Let it Go à la guitare pour être une mère ou un père parfait(e) ! (oui parce que Maman bave sur la guitare de sa fille. Sans doute une affaire à suivre…)

Grippe au carré

Samedi dernier, 10H. Au téléphone avec ma copine, je lui glisse sournoisement, alors que sa fille cumule rhumes et bronchites depuis septembre, que par chez nous tout-va-bien. Prise d’une sorte d’euphorie maternelle, j‘ajoute en dansant telle Blanche-Neige avec un balai à la main que dans 20 jours c’est le printemps et que dans 20 jours je pourrai dire que nous aurons passé l’hiver sans l’ombre d’un microbe (exception faite de la varicelle, qui en soi n’est pas l’un des trucs qu’on essaie d’éviter).

Dimanche dernier, 8H. TiSam me lance, sans reprendre son souffle, l’oeil vide et les joues roses : « Maman, j’ai mal partout. Aux pieds, aux jambes, au dos« . 8H03 : TiSam a 39,5 de fièvre.

Tu la vois l’erreur de débutante ? NE JAMAIS INVOQUER GRIPPE OU GASTRO EN FANFARONNANT. Tu le souffles, rapidement, en regardant derrière toi. Mais jamais en dansant avec un balai.

blancheneigeOué c’est bon, arrête de te moquer et retourne danser avec ton balai toi.

Dimanche, je crois encore à … je sais pas. La dent qui pousse ? La poussée de fièvre inexpliquée qui disparaît aussi vite qu’elle arrive ? le petit rhume ?

Mes espoirs disparaissent lundi matin 3H, quand Magow sombre à son tour.

Nous sommes vendredi. J’ai passé ma semaine entre le doliprane (version jaune 500 pour Tisam et vert 250 pour Magow) et l’advil, tout en préparant l’anniversaire de Madame Ma Fille avec ses 40 copines demain. Et ce n’est pas fini.

Ce devait être une semaine de repos, post-fin-de-contrat. Mais voila, à 5 ans, bizarrement la fièvre a sur son hôte l’effet inverse de quand tu as 30 ans. Tu ne dois surtout pas rester au fond de ton lit ou sur le canapé. Non. Le mieux est encore d’improviser des matchs de foot dans le couloir, et de se taper dessus en hurlant toute la journée.

Ils ont traumatisé mon chien.

L’attente…

Il y a 8 ans, je n’étais pas encore tout à fait maman. J’étais grosse, on avait investi dans une chambre d’enfant et on attendait.

L’attente des derniers jours. Ceux où tout peut arriver. Enfin surtout l’accouchement. En fait c’est tout ce qui peut t’arriver dans ces cas là. Le moindre gaz devient une éventuelle contraction. Tu t’attends à tout moment à déverser le contenu de ta poche des eaux sur le canapé, d’ailleurs le Chéwi a tenté d’évoquer la bâche sur le siège de sa voiture d’amûûr. Et il a abandonné.

Ces jours où ta mère, ta belle-mère, la mère du meilleur pote de ton mec t’appellent en disant ni bonjour, ni merde, mais « Alors ? », et où l’état d’avancement de ton col devient un sujet Breaking News BFM. Enfin y’avait pas BFM à cette époque. mais ça aurait pu.

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On était bien… on était bien… Vraiment ? En fait il y a 8 ans, aujourd’hui, j’allais passer ma dernière nuit avec mon gros ventre dans une chambre d’hôpital, en attendant que Madame ma Fille veuille bien montrer son nez. Je maudissais ces médicaments anti-contractions et l’hospitalisation pour menace d’accouchement prématuré quelques semaines auparavant alors que j’attendais à présent que le déclenchement fasse effet. Cette dernière nuit, je n’ai pas dormi. J’ai caressé mon ventre, déjà nostalgique, mais aussi excitée de la voir arriver.

C’était il y a 8 ans. Je n’ai plus mon gros ventre. On a investi dans des Lego Friends et un jeu pour sa Nintendo 3DS. Et elle attend…

Madame Ma Fille aura 8 ans demain. 8 ans berdol.

Les bonnes résolutions : 1 mois après.

En décembre, je pensais fort à ce mois de février. Janvier j’essaie toujours de l’oublier, même avant qu’il n’arrive. C’est un mois long, sans le sous. Février c’est toujours bien. Y’a les vacances à la neige, la neige tout court un peu partout, un peu plus de sous, et moins de jours à se lever (c’est statistique).

Je m’étais dit qu’en 2015 je prendrai du temps pour moi. J’ai tellement de temps que je prends plein de missions et qu’au final bein je suis épuisée. En fait, j’ai surtout pris une mission qui était urgente et qui devait être rapide et qui au final traîne. J’aime pas quand ça traîne. Et tout traîne.

En 2015, ma relation avec mes enfants devait être plus douce. Mais TiSam en a décidé autrement, et se fait même punir à l’école maintenant :( . Ce gosse a la faculté de se faire meilleur copain de toute la vie avec les seuls qu’il faudrait éviter. Et il est influençable. Combo gagnant. La maîtresse voit ce qu’il se passe, et me dit bien qu’au fond, mon TiSam il est gentil. Mais qu’il se fait entraîner et qu’elle ne peut pas ne pas le punir, et je suis bien d’accord avec elle. Parce qu’à la maison, les copains ne sont pas là et son comportement n’est pas différent, il est pire. On ajoute par dessus ce fameux manque de maturité qui m’effraie pour sa rentrée au CP en septembre, et me voici, en plus d’être fatiguée, complètement angoissée par ce gnome.

En 2015, j’avais envie de lire. Je n’ai pas fini un seul bouquin depuis le 1er janvier.

Mais, en 2015, je suis à jour, ou quasiment, dans tous les rendez-vous que je devais prendre chez les toubibs pour tout le monde ! Le dentiste, un peu en urgence pour la grande. Ses vaccins qui n’étaient plus à jour. Je dois maintenant prendre rendez-vous pour moi, mais ça, ce sera après les vacances.

En 2015, on fait comme chaque année au fond… tenir le cap et ajouter du fun autour quand c’est possible ! (mais bon, je suis lucide et j’aurais pu vous le dire le mois dernier, ça, déjà !)

L’abnégation parentale.

Expression que je mets à toutes les sauces en ce moment. Mais qui résume tellement notre comportement en général…

abnegation

Parce que quand vous restez à la séance de judo pour admirer le fiston alors que vous pourriez rentrer pour vous vautrer sur le canapé pendant 24 minutes précisément dans le silence, c’est quoi ?

Quand vous mangez les parts de galette qui restent juste pour que vos rejetons puissent se taper dessus pour savoir qui aura la fève ( fève qui évidemment tombe sur le carrelage, décrochant la tête du roi Mage de ses épaules de porcelaine), c’est quoi ?

Quand il faut finir les liégeois au chocolat périmés depuis 14h, c’est quoi ?

Quand tu décides que la soupe prévue va en fait se transformer en crêpes par dizaines, c’est quoi ?

Être parent, c’est s’oublier soi pour faire plaisir et s’occuper de ses enfants.

(Enfin, uniquement dans certains cas précis. On s’entend.)