Plongée dans Le Monde de Dory.

Alors que la séance de cinéma est prévue ces prochains jours (oui on est en retard, je sais), les gnomes ont pu découvrir l’album Panini qui prolonge le film Le Monde De Dory.
Un album Panini comme j’en ai eu 25 quand j’étais petite. Et au final, je crois bien qu’eux n’en avaient jamais eu ! Un jour pluvieux, j’ai sorti l’album et les paquets d’autocollants reçus (merci encore !) et c’était parti pour une activité à 6 mains – j’ai piloté de loin.

Le temps de se rappeler que les numéros avec des lettres vont sur le poster ou l’encart supplémentaire (j’avoue, j’avais oublié) et de leur expliquer le principe, et j’ai pu avoir 45 minutes de silence. Madame Ma Fille faisait la lecture aux autres, parce que comme d’habitude, plus qu’une collection d’autocollants, on a de vraies histoires ou explications qui permettent d’aller plus loin.

panini-dory-1 panini-dory-2 panini-dory-3

J’adorais ces albums quand j’étais petite, même si bien entendu, à la fin il me manquait toujours un ou deux autocollants. J’ai pris quelques paquets d’autocollants supplémentaires pour quand les jumeaux reviendront de chez Mamie et Papi : ça peut être une activité calme, qu’ils font ensemble en s’aidant pourquoi pas. J’ai fait en sorte qu’ils aient chacun le même nombre de pochettes à ouvrir pour qu’ensuite ils puissent chacun leur tour coller leurs images. J’étais assez contente lors de la première séance, j’avoue. Pas de disputes, tout était réglé en avance, il n’y avait pas matière à discuter, et donc à se chamailler. Je vais réitérer l’expérience (et forcément, ils me feront mentir). Lire les nombres, les classer pour faciliter la recherche (73 c’est après 59), tout cela fait aussi partie des apprentissages qu’ils doivent consolider.

Bref, le cadeau « plaisir » s’est transformé l’air de rien en révisions et en moyen de vivre/jouer ensemble – chose assez compliquée ces derniers temps.

Album et quelques pochettes de stickers offerts !

On écoute quoi en ce moment ?

Avec la course, et aussi avec le boulot, j’ai redécouvert mon Deezer (et je vous assure que ce n’est pas un billet sponso, j’ai un pauvre compte gratuit).

Dans Deezer, tu as les nouveautés, ce qui te permet de découvrir des trucs si comme moi, tu es un peu déconnecté(e) de l’actu musicale, et puis le champ recherches qui lui te permets de retrouver des trucs un peu chelou de quand tu étais à la fac. Les playlists, c’est pas mal aussi pour mettre en fond !

Donc voici les titres qui passent le plus souvent dans mes SIOUPERS écouteurs Bluetooth que je peux courir avec, que je les porte au bureau jusqu’aux toilettes sans que ça coupe ni que mon boss les remarque, et qui m’ont coûté 16 euros sur Amazon.

On va d’abord taper dans les nouveautés :

Je l’avais beaucoup aimée dans The Voice, Anne Sila nous a fait un album. Je l’ai mis en fond, mais c’est cette chanson m’a fait tout cesser pour écouter. J’adore. C’est Put your hands on me. C’est la toute première dans cette vidéo d’Acoustique, une émission de TV5Monde. Et dans l’absolu je trouve que ses chansons en anglais sont plus chouettes que celles en français sur son album #MonAvis

Bon je passe rapidement sur la nouvelle de Justin Timberlake qui est assez sympa et qui fait bouger le popotin.

La chanson de la honte maintenant. Bonjour je m’appelle Julie, j’ai 33 ans et je kiffe la dernière de Justin Bieber (mais comme j’ai plus 15 ans, c’est sur Chérie FM que je l’ai entendue – avant de savoir que c’était lui). C’est Love Yourself.

Arrivent les relans de ma jeunesse. Un gars que j’écoutais quand j’étais à la fac. Cake. Peu de gens connaissent en fait, mais ça me file la patate :)
Voici Never There !

Dans ma playlist, il y a aussi aussi du Radiohead, du Ed Sheeran (j’ai la classe dans la voiture quand je hurle « Take me into your loving aaaarms »), la chanson de Miley Cirus qu’elle est toute nue sur une boule pour détruire des bâtiments (Wrecking Ball), du Bon Jovi. Et puis je ne sors jamais sans mon album de The Fray, How to save a life, que j’aime fort. Bon ok, on en est aux confidences, alors je lâche tout :  j’ai aussi Seine Saint Denis Style de NTM.

Tu as quoi dans tes écouteurs ?

​Le point « école » de la fin.

Dernier jour d’école, comme toujours avec un pincement au coeur. J’ai toujours été cette fille qui restait un peu plus longtemps le soir du dernier jour. Aujourd’hui encore, j’aime souhaiter une jolie retraite à celui qui part pour de bon, un bon vent à celle qui change d’école et de belles vacances aux autres. Au revoir, à la rentrée !

J’allais écrire que cette année avait été dans l’ensemble un long fleuve tranquille. Mais en fait pas trop, même si on n’a pas à se plaindre. J’ai fait mes armes en tant que RPE, mettant un peu les pieds dans le plat, notamment pour défendre l’école et le budget auprès de la mairie. Bon, c’était facile, il n’y avait qu’à leur apprendre que juridiquement, un de leurs papiers était un faux. Bizarrement, on a eu gain de cause en moins de 24h. J’ai ensuite repris un poste salarié. Moment qu’ont choisi les serial-grevistes pour sévir.

Honnêtement, j’ai hâte de brûler ces cahiers de liaisons pleins de mots d’absence pour cause d’appel national. Ils seront parfaits pour les barbec de cet été !

Entre les jours de grève et l’arrêt maladie de leur instit’ entre la reprise de janvier et les vacances de février, les jumeaux ne sont pas du tout au niveau de fin de CP qu’avait Madame Ma Fille (oui je sais, il faut pas comparer. D’ailleurs je ne compare pas les niveaux de mes enfants, je compare celui de l’école). Je m’étais déjà rendu compte l’an dernier que nous avions quitté une école avec un niveau supérieur. Ici, on apprend plus de choses sur la nature, les insectes et ce genre de choses, et c’est bien aussi. Mais Tisam peine avec la lecture et l’écriture, Magow est plus à l’aise sans pour autant avoir la fluidité. On dit que le CE1 est là pour consolider tout cela, et ça n’a jamais été aussi vrai qu’ici… Bref, les jumeaux entrent en CE1 à la rentrée, et sachant qu’il y aurait deux classes de CE1 (normalement un CE1 plein et un CE1/CE2), j’ai demandé à ce qu’ils soient séparés. TiSam a besoin de trouver sa place (et son cahier de texte aussi d’ailleurs), Magow a besoin d’indépendance. Les jumeaux avaient été séparés pendant toute la maternelle, le CP a été en commun (il n’y avait qu’une seule classe ET je voulais pouvoir suivre les apprentissages facilement). On verra ce que ça donne.

Madame Ma Fille a des copines qui ont des téléphones portables, qui mettent des mini-shorts pour aller à l’école et attend maintenant que ses seins poussent. A côté de ça, le CE2 s’est très bien passé, avec une maîtresse avec qui j’ai accroché même si elle aussi m’a mis plein de mots sur les appels nationaux ces dernières semaines. Elle donne les devoirs le vendredi pour toute la semaine d’après, et niveau organisation c’est pas mal. Elle pouvait s’avancer un peu pour ne pas avoir encore à faire les devoirs après la danse par exemple. L’an prochain, le CM1 et je n’ai pas peur.

Pour les trois, il va falloir bosser le social je pense. Je sais que les enfants sont des éponges et que notre état d’esprit (qui se dégrade encore même si j’adore mon boulot) n’aide pas, même si on essaie de ne pas laisser transpirer le truc, mais c’est souvent qu’ils nous demandent quand est-ce-qu’on va déménager, ou qu’ils nous disent qu’ils ont pas de copains. Il y a aussi des disputes, je pense donc qu’ils en ont quand même, des copains.

Cette année scolaire est finie (encore une), l’an prochain les enfants seront encore plus grands, avec d’autres victoires et d’autres problèmes. Mais en attendant, c’est vacances (et le centre aéré, et les mamies/papis) :)

Le déplacement professionnel.

Il arrive comme une bouffée d’air dans ton quotidien. Sortir du bureau. Rencontrer de nouvelles personnes. Voir de nouveaux endroits. S’éloigner un peu des enfants. Surtout.

Des moments salvateurs quand tu n’as pas la possibilité de t’en débarrasser de temps en temps. La dernière fois, c’était en décembre. 6 longs mois sans souffler. Et là, je pars deux jours (en vrai même pas, j’ai fête de l’école demain soir) dans une ville où je n’ai jamais mis les pieds. Peu importe, je sais très bien que je ne vais pas pouvoir visiter, à part un petit resto ce soir. Que je ne choisirai même pas d’ailleurs ; je suis seule avec 4 mecs de plus de 50 ans qui veulent aller en boîte après. Je leur ai dit qu’ils feraient bien ce qu’ils voudraient, que moi après le repas je n’étais plus là. Y’A UNE BAIGNOIRE A L’HÔTEL berdol !!! (cette dernière phrase je l’ai juste pensée très fort).

libérée

(Je ne vais pas vous faire l’affront de sous-titrer les paroles…)

Je vais avoir – c’est grand comment une chambre d’hôtel ? – une quinzaine de mètres carrés d’espace vital qui ne sera pas perturbé pendant quelques heures. Je vais pouvoir laisser la porte des toilettes ouverte par choix. Prendre un bain en lisant l’un des bouquins que j’ai commandé exprès (non je ne suis pas folle). Ou alors m’échouer de travers sur le grand lit : le lundi c’est Esprits Criminels non ?

Trop de projets pour une seule soirée. Pour finalement certainement la passer à angoisser d’être en retard à la fête de l’école demain soir et à me demander si tout le monde va bien, si le Chéwi n’en bave pas trop, si les enfants n’ont pas l’impression que je les abandonne (LOL), si le chien aura le temps d’aller faire son petit pipi le midi, si quelqu’un aura pensé à arroser mes haricots… J’espère quand même ne pas avoir trop la tête à la maison pour pouvoir profiter de ces quelques heures et revenir un peu moins stressée et plus patiente…

 

Brexit : la fin d’une époque.

Avec cette nouvelle de ce matin, c’est toute une partie de ma scolarité, de mon enfance qui a volé en éclat. L’Europe, on me l’a vendue pendant des années, peut-être parce que j’ai grandi dans un endroit où l’amitié franco-allemande était omniprésente, dans la vie de tous les jours comme dans la vie scolaire. Cette amitié si représentative de l’Europe.
J’en ai fait des exposés sur la CEE, le marché commun, les traités de Rome ou de Maastricht. La gestion de l’énergie en Europe, les institutions que j’ai visité une paire de fois. J’ai ensuite été dans des classes européennes.

Cette Europe qui relève pour moi bien moins de la politique que du pathos, elle a explosé ce matin.

Je suis consciente que les bons sentiments de paix et d’échange du début ne sont plus aussi importants, et que l’Europe d’aujourd’hui est surtout économique et politique, avec ses lois qu’il nous faut appliquer et qui souvent, même à moi, posent problème. Mais cette Europe unie, de paix, L’Ôde à la Joie que j’ai appris à chanter en Français, en Allemand et en Anglais et qu’on entonnait à plein de petites voix lors de rassemblements… Cette Europe là qui me laissait continuer à croire que malgré les faiblesses de ces dernières années, la construction Européenne était encore une belle choses, cette Europe là s’est envolée ce matin.

On ne peut pas construire ensemble quand l’une des parties prenantes ne veut pas de cet « ensemble ». Mais aujourd’hui je me rends compte que cet « ensemble » n’existe probablement plus. Cette Europe là c’était ma Madeleine de Proust : je revenais toujours à cette idée de l’Europe, celle avec laquelle j’avais grandi, lorsque l’actualité européenne n’était pas au beau fixe. Mais ça y est, je ne peux même plus.

Un recul pour mieux avancer ? L’avenir nous le dira. En attendant je suis triste.

Et la violence, partout.

Bonjour, je suis accro à l’info.

Bonjour Julie !

C’est venu avec cette impression d’être coupée du monde, ici, en Ardèche. Au départ, c’était surtout pour me tenir au courant de ce qui se passait dans le monde. Ici, les gens sont très focalisés sur eux-mêmes. L’actu du coin, même celle qui n’est pas dans les journaux locaux, ils connaissent. Mais parlez leur du monde, ou même de la France, et – en dehors des mouvements sociaux dont ils raffolent – on entend un « bah ouai » qui conclue toute forme de discussion.

Ils ont peut être trouvé la solution au final : vivre comme dans une bulle, avec leurs problèmes et leurs joies, en se préoccupant au minimum du reste, juste ce qu’il faut. Un rassemblement pour Charlie Hebdo par ci, une bougie sur la fenêtre pour les victimes du Bataclan par là. Dans les discussions, du moins celles que j’ai pu avoir, on sent pourtant bien que cela est très loin d’eux.

(NB : je ne me base que sur mon entourage ardéchois. J’imagine bien que d’autres ont été plus touchés, et le sont encore.)

Je disais donc : je suis devenue accro à l’info. Je connais les noms des présentateurs de BFM (bon, j’étais au chômage il y a encore 2 mois, ça aide), je commence chacune des interventions des journalistes « sur place » (facile, ça commence souvent pas « effectivement machin », ou « oui machin, nous sommes… »). En parallèle je râle parce qu’ils brodent bien trop souvent autour de détails, pour vendre, et je peste quand leur boucle d’actu, trop courte et ciblée, me donne l’impression d’une heure sans fin.

Cette actu me hante. Je me souviens avoir allumé la télé sur mon téléphone, lors de mon réveil pipi à 3h du matin, une nuit peu après le 13 novembre. Vous me direz, d’autres ne trouvaient pas le sommeil. Mais j’en ai eu besoin. Besoin de savoir ce que je savais déjà par cœur après les derniers jours fixés à l’écran, à l’ordi ou à la radio.

Depuis quasi 2 ans, les chaînes info tournent en boucle chez moi. Le matin après le petit déj, le midi lors de mes pauses déj, le soir dès que je rentre. J’allume à chaque fois avec la même appréhension : j’espère que rien de grave ne s’est passé. Parfois, comme ces derniers jours, je sature. La violence présente partout, que j’essaie de suivre en hurlant aux filles d’arrêter de se taper dessus.

En hurlant aux filles d’arrêter de se taper dessus.

La violence.

Je hurle.

Elles se tapent dessus.

La violence, partout.

Dans l’agression de cette députée anglaise, pro-européenne. Dans le regard de ces « supporters » de foot complètement bourrés. Dans ma tête, quand je pense à ce petit garçon laissé vivant pour mieux voir les morts. Dans ces morceaux de bitume arrachés pour servir de projectile. Dans les débats qui n’en sont plus, parce que les débats font avancer. Dans un simple croche-pied pendant un match. Et dans mon salon.

J’aime les thrillers, à la télé comme dans un bon bouquin. Mais la violence réelle, je n’en peux plus. Je ne peux pourtant pas couper l’information. Je n’arrive pas à m’en détacher, pourtant il faudrait. Peut-être qu’arrêter la violence dans mon salon fera taire la violence ailleurs, après ? Peut-être. Ou pas. Dans tout les cas, elle me hante. Et si je croyais pouvoir mettre assez de distance – on ne réfléchit jamais à mettre de la distance, et d’ailleurs est-ce une bonne idée – je crois que je ne pourrais plus y faire face longtemps.

Se couper du monde et vivre dans une bulle serait alors la seule solution ? Ne plus s’occuper de ce qui se passe ailleurs, pour se protéger et ne pas déborder d’empathie ?